TaBoO, impro théatrale sexo – Collaboration

TaBoO Hors série

Voici un épisode hors-série qui nous tient à cœur. Nous vous emmenons dans l’intimité du spectacle TaBoO.

TaBoO est un spectacle d’improvisation théâtrale délicieusement préparé par la troupe The Red Moon Cie et qui a lieu tous les mois au Love Health Center.

Et depuis quelques mois, vous avez découvert des brèves improvisations érotico-poétique de TaBoO en lien avec chacun des nouveaux podcasts. Mais que se cache-t-il derrière ces créations ?

Bienvenu dans les coulisses du spectacle TaBoO qui parle des tabous des sphères relationnelles et sexuelles…

Vous découvrirez la troupe, l’esprit, la genèse de TaBoO, les intentions, les désirs, la collaboration entre The Red Moon Cie et le LHC. Mais aussi des anecdotes. Et comment se prépare les spectacles TaBoO, comment sont articulés ceux-ci ?

Cette création est un plaisir, et nous espérons vous choyer par ce chaleureux moment.

Parlez-en, diffusez, partagez, invitez, venez, contactez-nous.

Mélissa, Noémie et David vous emmène : 1, 2, 3, Olalaaaa.

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Crédit photo : TaBoO – 07.10.2021
© Seb Devienne
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Séquençage du podcast Collaboration “TaBoO” impro théatrale sexo :

  • 00:35 Présentation de la troupe
  • 02:57 Quelle est votre intention en enregistrant ce podcast ?
  • 04:08 Quelle est pour vous en ce moment, votre définition de la sexualité ?
  • 05:05 Dites nous ce qu’est TaBoO.
  • 06:18 La genèse de TaBoO
  • 08:46 Quelle est votre particularité ?
  • 10:16 Quelques particularités des spectacles
  • 12:45 La ligne de conduite et désirs
  • 13:45 Pourriez-vous nous partager quelques anecdotes ?
  • 18:16 Le cercle de parole post spectacle nommé « quiche et papote »
  • 19:34 Dynamique d’intelligence collective
  • 21:27 Deux autres anecdotes
  • 23:28 Le public adolescent. TaBoO EVRAS.
  • 25:47 Comment nous trouver ? Faites la promotion de nos spectacles.
  • 27:01 Envie d’inviter TaBoO ? Contactez-nous.
  • 27:55 La préparation des spectacles
  • 30:17 La légitimité de parler des thématiques sexo
  • 31:41 Quelques exemples de thématiques déjà abordées lors de spectacles précédents
  • 35:37 Pourriez-vous nous partager un désir pour vous ou pour TaBoO ?
  • 36:53 Pourriez-vous partager un conseil sexo aux auditeur.e.s ?
  • 38:29 Mots de fin et gratitudes

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Crédit photo : TaBoO – 07.10.2021
© Seb Devienne

 

Transcription du podcast TaBoO :

00:00 Générique Intro sur tapis musical :« Entr’Nous (voix féminine Katalin) ; Entr’Nous (voix masculine Olivier), le podcast (Katalin) pour parler (voix masculine Michel) de sexualité (Olivier) par vous (Michel), avec vous (Olivier), pour vous (Katalin) » 

00:20 Olivier Mageren : Bienvenue dans cet épisode hors-série dont l’objectif est de vous présenter “TaBoO”. Alors on va vous en parler, je suis en présence de la troupe The Red Moon Company avec Mélissa.

00:30 Mélissa : Bonjour 

00:31 Olivier Mageren : David 

00:32 David : Bonjour Olivier 

00:33 Olivier Mageren : Et Noémie 

00:34 Noémie :Bonjour 

00:35 Olivier Mageren : Est-ce que vous pourriez-vous présenter en quelques mots et dire ce qui vous a amène à “TaBoO”. 

00:40 Noémie : Et ben bonjour, je m’appelle Noémie, je suis improvisatrice depuis une bonne vingtaine d’années et donc ce qui m’a amené à “TaBoO” c’est déjà parce que Mélissa m’a invité et on avait une envie de pouvoir utiliser le médium impro pour parler d’un sujet qui m’intéresse, parce qu’il fait pleinement partie de ma vie, qui est la sexualité et l’approche positive de la sexualité. 

01:02 David : Bonjour moi c’est David je suis comédien, improvisateur depuis environ 4 ans. Je suis dans “TaBoO” parce que, pareil, Mélissa m’y a invité mais j’aime discuter de sexualité avec mes amis, je trouve que c’est un sujet dont on ne discute pas assez… Dont j’ai l’impression que la plupart des hommes, surtout hétéro mais je pense même homo ou bi, n’en parlent finalement pas aussi souvent qu’ils le voudraient, ou pas comme ils le voudraient, et donc je trouve ça très, très gai. Pour le dire GAI, pour le dire comme disent les belges : très chouettes quoi ! D’aborder ça d’une façon aussi légère, créative et parfois poétique. 

01:42 Mélissa : Bonjour, moi c’est Mélissa, je suis improvisatrice depuis une quinzaine d’années et comédienne depuis une dizaine d’années. En tant qu’artiste, quand j’ai décidé d’être artiste, j’avais en tête le fait qu’un artiste doit être quelqu’un (ou quelqu’une) qui éveillent les consciences, qui réveille les gens, qui apportent quelque chose à la société. C’est Musset à l’époque qui disait ça, qui disait que c’était ça le rôle d’un artiste. Sartre aussi. Ce sont des définitions qui me plaisent beaucoup. Et du coup ben c’est pour ça que j’ai aussi créé “TaBoO”, c’est parce que je voulais créer quelque chose qui puisse vraiment apporter quelque chose aux gens.

02:24 Olivier Mageren : Une beauté, richesses et spécificités aussi de votre troupe c’est que finalement vous avez 3 origines culturelles différentes belges (David : Ah oui c’est vrai) français et Suisse. Et ça aussi c’est cocasse mais ça s’est mis comme ça j’imagine, ce n’était pas un choix au départ ?

02:35 David : C’est 3 cultures très proches 

02:37 Noémie : Ben (David : Mais) proche et non, on sent quand même déjà l’influence du catholicisme et du protestantisme. Moi je sens quand même des différences (David : Ok) Après, oui, on reste quand même des cultures francophones, dans des pays aisés et cetera, et cetera

02:51 Mélissa : Et puis elle mange des trucs bizarres aussi !

02:53 Noémie : Ouais je mange du Cenovis (note de la rédaction : une pâte à tartiner végétale, à base d’oignons, carottes, et levure de bière) (Rires de Mélissa et David)

02:57 Olivier Mageren : Comme à l’habitude, pour commencer le podcast, je vous demandais quel est votre intention en enregistrant ce podcast ensemble ?

03:04 David : Ben je pense que c’est tout simplement de faire découvrir ou mieux, mieux connaître, “TaBoO”, notre spectacle d’improvisation, aux auditeurs qui écoutent déjà les podcasts du « Love Health Center ». Et d’en savoir un petit peu plus sur nous : qui on est, voilà et… Et sur le spectacle, peut-être, et sur comment ça fonctionne.

03:27 Olivier Mageren : Merci 

03:28 Noémie : Oui, de parler peut-être de l’arrière scène, des coulisses de ce que c’est un spectacle improvisé et celui-là en particulier qui parle quand même d’intimité et qui amène les gens à en parler en tout cas.

03:40 Mélissa : Ca permet aussi d’expliquer qui sont ces 3 voix qui font d’habitude des capsules érotico-poétiques ? 

03:47 Olivier Mageren : Merci, et effectivement on fait ce podcast hors-série pour toutes ces raisons et parce qu’en fait on a introduit des capsules depuis quelques mois sur les podcasts. Et ceci, en fait, est intégré dans une collaboration et des spectacles qui ont lieu à Bruxelles. Pour ma part mon intention aujourd’hui c’est de partager un moment de plaisir tous ensemble et de partager tout ça. 

04:08 Olivier Mageren : Deuxième question habituelle quel est pour vous actuellement votre définition de la sexualité ? (Petit rire de Mélissa)

04:14 Noémie : Alors moi, en ce moment, c’est le début du printemps donc c’est quelque chose à re réveiller, comme la nature en ce moment ! (Rires de Mélissa et David)

04:22 David : Je dirais que c’est une communication charnelle qui peut être aussi verbale et spirituelle, une rencontre.

04:34 Mélissa : Pour moi la sexualité c’est des corps, des cœurs, qui peuvent battre ensemble, ou pas. Mais en tout cas qui s’écoutent et qui s’entendent, c’est un partage, et puis c’est un moment hors du temps qu’on le fasse seul ou à plusieurs. 

04:58 Olivier Mageren : Merci. Vous donnez une tellement belle tonalité à ce podcast, ça me fait déjà rêver, c’est magnifique. Alors commençons tout de suite sur la thématique, pourriez-vous nous dire ce qu’est “TaBoO”, en fait, un peu ça génère, sa situation actuelle, ce que c’est, ce que ce n’est pas…

05:14 Mélissa : C’est un spectacle sur la sexualité positive. Donc c’est un spectacle d’improvisation théâtrale qui donne énormément la parole au public. Qui sert à dé tabouiser les tabous et qui met au cœur de son intention la libération de la sexualité de tout un chacun.

05:33 Noémie : La particularité du spectacle donc c’est que ça prend des airs de cabaret, mais c’est bien un cabaret improvisé. Donc nous, en amont du spectacle, on va préparer les 8 thématiques qu’on sait qu’on va aborder pendant le spectacle, on va soigner la forme avec laquelle on les apporte, on va raconter des anecdotes qui nous serons arrivés ou auxquelles on peut se rattacher, qui sont arrivés à nos personnages du coup. On va réfléchir à comment poser des questions au spectateur ices, sur ces sujets-là, et ensuite selon les réponses et selon on partage qu’on a avec les spectateur ices, on va improviser des scénettes qui sont en général drôles, qui sont l’occasion aussi de mettre un peu à distance des problématiques ou des thématiques sur lesquelles on ne parlerait pas spontanément

06:16 David : Pour ce qui est de la genèse, je pense que c’est Mélissa la mieux placée pour en parler parce qu’elle est à l’initiative de ce projet. Noémie et moi on est arrivé un peu plus tard.

06:25 Mélissa : A la base nous étions 3 filles, rassemblés autour du désir de créer un spectacle avec uniquement des comédiennes. Et très vite, en parlant, en échangeant, on s’est rendu compte qu’on parlait beaucoup de sexualité et que ça n’existait pas dans le paysage de l’improvisation théâtrale, et très peu même au niveau du théâtre tout simplement. Et du coup on en a fait le cœur de notre nouveau spectacle. On est parti jouer à Londres, nos premières dates c’était là-bas, et c’était très dur au début parce qu’on n’était pas préparé à ce que les gens ne nous répondent pas. Donc on composait des questions, un peu comme maintenant, mais les gens étaient pétrifiés. Et du coup nous-même on a dû faire un gros travail sur nous de légèreté, de dégager une certaine confiance, de dégager une espèce de légèreté. On était 3 personnages bien distincts, dont une qui était très maternelle et qui a tout de suite pu débloquer les gens. Une autre personnalité qui était beaucoup plus naïve et donc qui pouvait poser des questions complètement stupides où dire des trucs qui vraiment faisait rire les gens et du coup, en fait, les décontractaient. Et une autre qui était très dans la séduction et le cash donc. Et je pense que le cocktail a fait que les gens, au fur et à mesure, ont commencé à se livrer… Et voilà, et petit à petit, il y a eu le COVID qui est passé par là…. Et donc mes partenaires ont quitté le projet et du coup j’ai continué… Surtout que, entre-temps, donc avant on jouait au cabaret Mademoiselle et Olivier est venu nous voir et il a tout de suite dit que ça l’intéressait beaucoup, qu’il aimerait bien faire quelque chose avec nous. Et donc pendant le COVID, quand j’avais perdu mes 2 partenaires, j’avais quand même une collaboration qui naissait avec le Love Health Center et j’étais là « mais enfin, il y a du public, il y a des gens, il y a une collaboration, il y a tout… il me manque juste du comédien ». Et donc bah, je n’ai pas lâché, et j’ai cherché ! David avait fait déjà fait quelques remplacements auparavant et du coup je lui demander son aide et puis j’ai pensé à Noémie, je lui ai proposé, elle nous a rejoint et puis voilà au fur et à mesure ce qui était un essai est devenu officiel !

08:46 Olivier Mageren : C’est magnifique. Alors évidemment, nous on fait un spectacle par mois, à Bruxelles. La saison se termine en juin et on recommencera en octobre mais pour les gens qui souhaitent découvrir : quelle est un peu votre particularité ? Parce que t’as parlé de la particularité du premier trio avec des questions un peu impertinentes, un peu touchy, la séduction… Mais, ici, vous 3 : Noémie, David et Mélissa. Sur scène vous êtes un personnage, vous êtes quelqu’un d’autre et vous avez aussi quelques spécificités très croustillantes

09:14 Mélissa : J’avais un cœur que les 3 rôles, que les 3 dynamiques, les 3 énergies, restent plus ou moins similaires parce que ça marchait bien. Donc on ne s’en est pas tant éloigné que ça dans le nouveau trio. J’aimerais juste rajouter que à l’initiative du projet, à la base, il y avait Sabine Close, Émilie Perrodo et moi-même, voilà je pense que c’est quand même bien de les citer.

09:37 Noémie : On a en effet essayé de construire des rôles sur la base de ce que Mélissa nous a indiqué, qui existaient déjà et pour qu’il y ait réellement un contraste. Et que les gens puissent aussi s’identifier à différentes façons d’en parler, enfin de parler de sexualité. Aussi dans ce qu’on raconte de nos orientations, de nos préférences, qu’on ait vraiment un éventail qui soit large et qu’on ne soit pas que dans du romantisme, ou que dans du trash, ou que dans de l’hétérosexualité, ou que dans de la bigamie et cetera. Donc on essaie quand même d’avoir une palette assez large à laquelle nous on peut aussi adhérer d’une certaine façon, on n’est pas si loin de nous même si on se protège derrière le fait que on est bel et bien des personnages.

10:16 Olivier Mageren :Oui effectivement les thématiques sont très variées, donc chaque spectacle il y a 8 petites scénettes et vous nous surprenez de créativité à chaque fois, c’est magnifique. Il y a des habitués du spectacle qui adorent revenir parce qu’à chaque fois c’est tellement rafraîchissant, et beau. Et vous disiez aussi que le spectacle, parce qu’on est en train de vous expliquer ce que c’est, il peut avoir lieu en français et en anglais, la première version était en anglais. C’est un espace, en fait, de parole finalement. Qui permet d’ouvrir le dialogue sur la sexualité, c’est un une démission en fait du Love Health Center : c’est oser parler de sexualité et parfois c’est difficile d’aborder des thématiques. Comment les amener, comment elles peuvent être acceptées, et l’humour, la distance, et en même temps vous parlez de vous et on parle avec le public donc il y a quelque chose de très intime, de vrai, de pragmatique. Tout en ayant une certaine distance et une profondeur, c’est ça qui est je trouve magnifique et magique. Et ce qui me séduit aussi particulièrement c’est ce côté où : vous choisissez une thématique, où vous parlez, où vous amenez ça, avec le public, et il n’y a pas nécessairement ni de début, ni de fin. Ce n’est pas que…Souvent, actuellement, il y a beaucoup de choses qui sont présentées comme un besoin : quelque chose de commercial, de marketing ou bien il y a un besoin, une problématique et puis on a une solution, on a vraiment un début, une fin et ici non en fait ! Ce qui est magique, je trouve, c’est qu’on peut démarrer comme ça ! On fait une scénette qui est totalement improvisé sur base de ce qui est partagé. Et on termine, comme ça, avec de l’humour… et en fait ça ouvre juste des portes… et il n’y a pas eu un message, une promotion, une campagne, ce n’est pas nécessairement de l’éducation en disant « on a voulu faire passer ce message ». Et c’est un de vos talents, je dirais, et c’est d’arriver justement à être dans la profondeur et l’humour…. Mais bien au-delà, je dirais, de transmettre un message, une idéologie ou une conviction. Il y a une liberté en fait, chaque fois qu’on écoute le spectacle, on sent cette liberté, c’est pétillant et libre, voilà.

11:56 Noémie : J’aime bien que tu relèves ça parce que c’est parfois quelque chose qui est reproché au spectacle d’impro, de pas forcément avoir de message, évidemment on peut pas vendre un message vu qu’on sait pas exactement ce qu’on va dire. Mais en même temps c’est une vraie volonté de dire « en sexualité, il n’y a pas une réalité, il n’y a pas une vérité, il n’y a pas quelque chose qui est juste où qui est faux » l’important c’est juste de pouvoir en parler et de pouvoir mettre des mots, et d’avantage de mots dessus. Et de dé tabouiser la chose en disant « allons-y, tout est possible et au pire on peut toujours en rire » ce n’est pas non plus grave, tant que ce n’est pas grave, c’est pas grave en fait !

12:25 David : C’est en ça ou la forme d’improvisation colle bien à ce sujet-là. Où aux multiples sujets qui tournent autour de la sexualité, c’est parce que ça offre une diversité d’approches, de ton, d’humour, que ne permettrait pas un texte qui a été préalablement écrit, qui aurait vraiment un seul point de vue sur ce sujet. 

12:44 Noémie : Et par contre après nous on a une ligne de conduite, on sait qu’en effet il y a quelque chose qui doit rester dans la ligne de la sexualité positive, de ne pas essayer de justement rajouter de la honte sur de la honte ou… Et du coup l’humour nous permet aussi vraiment ça, de dédramatiser, d’en rire et de se dire que finalement c’est quelque chose de joyeux. 

13:02 Mélissa : C’est ça ! On n’a pas de message précis avec une morale à la fin de chaque impro. Mais on a quand même un désir de : ouvrir les esprits, dire aux gens « en fait, tout est Ok, si vous aimez quelque chose ben vous avez le droit de l’aimer » et oui vraiment de détabouiser les tabous c’est vraiment notre objectif quoi ! Que les gens se sentent mieux et libres en sortant de notre spectacle, c’est vraiment ce qui compte. Parfois il y a des spectateur ices qui ne parlent pas pendant le spectacle mais qui après le spectacle viennent nous voir et nous disent « bah moi je n’ai pas osé parler mais qu’est-ce que ça m’a fait du bien, je reviendrai avec des amis »

13:41 David : Ou « j’en ai parlé après avec mon partenaire » et… 

13:44 Olivier Mageren :Est-ce que vous pourriez partager une anecdote liée à “TaBoO”, ou plusieurs anecdotes ? Qui quelque part révèle un petit peu les coulisses et l’expérience et l’aventure de “TaBoO”

13:53 Noémie :Bah moi. Donc j’ai joué là maintenant, je pense 6 spectacles de “TaBoO”, et dès la première représentation j’ai été vraiment assez émerveillée de voir les gens qui nous partagent leurs expériences, leur vécu, et l’échange qu’il peut y avoir avec le public. Et je me souviens particulièrement d’une représentation je me suis dit « Ah, ok, on fait vraiment quelque chose qui fait du bien aux gens ». On parlait de la question du polyamour et il se trouve qu’on a un couple qui vient régulièrement voir le spectacle qui sont dans une relation polyamour, saine et heureuse, et du coup ils ont pris la parole dans cet échange et on a presque plus pu récupérer le public. On sentait qu’il y avait un peu quelque chose de l’ordre de « Ah, on va pouvoir leur poser toutes les questions qu’on n’a jamais pu poser » parce qu’en fait tout le monde n’a pas, dans son cercle d’amis ou de connaissances proches, des gens qui sont ouverts sur cette pratique-là. Et donc il y a eu un échange qui était très long avec le public mais qui était chouette où on sentait que les gens bah ils étaient curieux mais dans une bienveillance, il n’y a jamais eu de questions qui ont dérapé ou de jugement qui sont faits. Et juste ça a créé un espace de « c’est ok d’en parler, c’est ok de poser des questions et je vous partage ce que j’ai envie de partager ». Et pour moi c’était vraiment un très, très, beau moment de “TaBoO”. Après on doit récupérer et faire une très, très, bonne impro derrière mais ça c’est notre boulot. (Rires de Mélissa et David)

15:10 Olivier Mageren : Dans cette anecdote, c’est vrai je me souviens, ce qui était magique, comme tu le disais, c’est le fait que finalement le public s’autogérait. Ils papotaient entre amis comme si tout le monde se connaissait depuis 10 ans et qu’ils s’étaient retrouvaient subitement là, au même endroit, au même moment, et finalement ben tout roulait tout seul et les questions, questions-réponses, s’autoorganisaient, c’était magique quoi !

15:28 Noémie :C’est vrai que ça crée un lien assez particulier entre les spectateur ices où, parce que quand même il parle de choses qui sont très, très, intimes. On a souvent des gens qui viennent en groupe et qui disent un peu « bah c’est un peu embêtant, c’est mon groupe d’activité du lundi et je suis en train de leur parler de mes pratiques sexuelles ». Et en n’en discutant avec certains et certaines tout d’un coup ils se disent « Ben j’étais gênée au début de répondre à cette question, mais ben je me suis rendu compte que cette amie là-bas il a vécu exactement la même chose mais je n’en avais jamais parlé avec parce qu’on n’est pas si proche que ça ». Donc oui, il y a vraiment une intimité très particulière qui se crée à cet endroit-là. 

16:00 David : Moi je n’ai pas vraiment une anecdote comme ça qui me vient. Un des moments qui m’avait surpris en tout cas c’est que je devais lancer, introduire une impro dont le sujet était l’anulingus et je me souviens que je n’avais pas spécialement préparé ce, voilà, cette introduction, ce lancement, de ce sujet-là et je…. Visiblement j’ai été assez comique. Je crois que cette introduction était plus comique que l’improvisation qui a suivi parce que (petit rire court et discret de Mélissa) je me souviens avoir fait beaucoup rire le public à ne pas trop savoir comment aborder ce sujet-là, voilà. Et en fait c’était super, à nouveau, à chaque fois je suis toujours aussi assez émerveiller de voir à quel point les langues du public se délient assez facilement, il suffit d’une personne qui lance une réponse et pof, pof, pof, ça éclot de partout !

16:48 Mélissa :Moi j’ai une autre anecdote, c’était avec la précédente équipe mais ça m’a bien marqué. J’étais allé voir un film dont je ne me souviens pas du nom. Et c’étaient un documentaire qui parlait des « premières fois ». Ça m’avait interpellée parce que je m’étais rendu compte que ma première fois n’était pas spécialement ma première pénétration. Et donc je n’avais pas, l’âge de ma première fois n’était finalement peut être pas l’âge que je pensais que j’avais. Et en fait il se trouvait que ce n’était pas à 17 ans avec mon premier amoureux mais c’était à 14 ans avec ma copine. Et du coup j’étais un peu perturbé et j’en avais fait donc une thématique et une anecdote sur les premières fois. Et j’avais eu comme réponse, mais vraiment du fond du cœur, quelqu’un qui avait crié au fond de la salle « mais ta première fois, c’est quand tu as envie que ce soit, et donc c’est toi qui décides ». Je trouve ça très, très, fort parce que j’étais là en train de me dire « oui, je fais un spectacle qui peut aider les gens, c’est super » et en fait cette phrase venue du public est venue me libérer moi et je n’avais pas imaginé la chose dans ce sens-là. Et je me suis d it « mais en fait, oui, en fait on crée vraiment quelque chose qui fait en sorte que tout le monde puisse se sentir bien quoi » voilà. Et tant mieux si c’est dans les 2 sens, même si ce n’était pas l’objectif premier… bah ma foi si ça nous fait du bien aussi ce n’est pas plus mal !

18:16 Olivier Mageren :Oui, d’ailleurs c’était aussi dans la genèse de notre collaboration, c’était de se dire que le spectacle est magnifique en soit et que, en combinant nos savoir-faire, on crée ensuite un cercle de parole, après le spectacle. Evidemment on fait une petite pause, on peut boire un verre, on se détend, on papote avec qui on a envie et puis hop : ceux qui veulent s’inscrire en plus petits groupes, ont fait un sac de parole qu’on appelait « quiche et papote » parce qu’évidemment en fin du spectacle on a faim, on mange une quiche, on papote de manière un peu formelles et informelles, voilà, au Love Health Center. Et on discute, et finalement le moment est tellement riche que je me dis aussi : c’est une telle joie de vous rencontrer chaque mois pour créer cet espace-temps de ce spectacle et aussi on est autant nourri que le public de ce qui s’y passe. Moi-même je suis nourri de créativité, d’enseignement, de compréhension, d’intelligence collective, intelligence personnelle, d’une inspiration et d’une sagesse qui est partagée ; et ça c’est vraiment magique quoi ! C’est un moment où on ne sait plus qui est qui, on participe et on est tous ensemble et le spectacle il permet d’initier ça de manière très naturelle parce que vous êtes talentueux. Évidemment il faut pouvoir gérer tout ça, il y a de l’expérience derrière, on le voit, et le dernier spectacle entre autres on en parlait avec certaines personnes du public on dit « waouh, ça a démarré mais tout de suite super fort, tant les artistes que le public, waouh c’est, c’était le feu tout de suite quoi ». Je crois que c’était pâque en fait, c’était vraiment cette ambiance festive (Rires de Mélissa), vacances et c’était magique.

19:34 Noémie : Mais il y’a un petit peu cette particularité là avec l’impro c’est que on est forcément dans des dynamiques d’intelligence collective, parce qu’il n’y a pas une personne qui décide, une personne qui tire la couverture à soi. Quand c’est bien fait, c’est comme faire l’amour en fait : il faut s’écouter, il faut réagir (Rires de Mélissa) de façon appropriée à ce que fait son partenaire sinon… Sinon ce n’est pas intéressant et c’est masturbatoire et du coup je crois que comme on partage la même vision de l’impro et qu’on parle de sexualité on finit par quelque chose qui est en fait, très tolérant, très dans des bonnes énergies et des bonnes valeurs, et qui amènent ce climat quoi !

20:04 Mélissa : Je vais bien rebondir sur ce que vient de dire Noémie, ce qui était très compliqué pour trouver des nouveaux partenaires de jeu, c’était effectivement que il était important qu’on ait des valeurs similaires à l’improvisation et aussi une certaine sensibilité. Et je trouve que ce n’est pas forcément facile de trouver des comédiens, des comédiennes, qui conviennent à ce type de projet parce que c’est très particulier. Déjà il faut que la personne soit à l’aise avec le sujet, à l’aise d’en parler. Mais aussi il faut que la personne ait une certaine sensibilité et puis il ne faut pas qu’elle ait un ego démesuré, ce qui malheureusement, je trouve, dans le milieu de l’improvisation ou du théâtre, quelque chose d’assez répandu. Et donc oui il faut trouver un bon équilibre où on s’écoute bien et où, pour nous l’écoute en improvisation est une valeur capitale. Et je trouve que l’équilibre qu’on trouve ensemble sur scène est dû au fait qu’on partage cette même valeur dans l’improvisation. Et je pense qu’effectivement c’est un très bon slogan de dire que l’impro c’est comme la sexualité (Rires de Mélissa et David)

21:10 Olivier Mageren :Et la sexualité c’est comme l’impro (Rires de Mélissa), évidemment !

21:13 Noémie : Mieux vaut disons, si on pense qu’on a une recette c’est qu’on est mal barré (Rire de Mélissa)

21:17 Olivier Mageren :Michel (occupé à la prise de son), nous partage là que, pour lui, ce qui émerge c’est cette l’intelligence émotionnelle de Mélissa David et Noémie, dans leur travail, dans leur approche et dans ces espaces qu’ils créent en fait. Et je me prête au jeu aussi par rapport à aux anecdotes, c’est ma compagne Katalin qui ne parle qu’anglais et hongrois. Elle est venue voir des spectacles en français et elle adore. Elle ne comprend rien du français mais elle adore. Elle dit « mais regarde… » elle décode, en fait elle a un regard complètement différent parce qu’elle ne comprend rien, entre le hongrois et le français évidemment tout est tellement différent ! C’est, parfois en amour c’est la même chose, on n’a pas la même grammaire, la même orthographe ou quoi que ce soit, c’est vraiment…. Mais elle décode tout et elle voit l’interaction du public, les dialogues, les rires, les interactions, la dynamique, les jeux de parole, de silence, d’écoute, d’émotion, le fait que les gens parlent vraiment. Et elle qui vient en plus d’un pays culturellement communiste où c’était vraiment la norme, le standard, et beaucoup de tabous et d’interdits…Rien que de voir le spectacle, elle m’en a parlé, on a parlé une soirée, et elle me dit « mais c’est génial ton truc, continue, mais quand est-ce que tu le fais en anglais ? », donc elle est vraiment enthousiaste. Et une deuxième anecdote aussi c’est le fait que, comment on partage c’est l’approche sexe positive, et décomplexée, et sans tabou, c’est cohérent aussi avec le fait que le Love Health Center accueille systématiquement un étudiant. Donc voilà, on est au 6e étudiants, étudiantes, en sexologie, qu’ils viennent de Belgique ou de l’étranger. Et les étudiants qui découvrent le spectacle sont vraiment enchantés parce qu’en fait : quand on apprend la sexologie à l’école, à l’unif ou autre, c’est vraiment une approche problème, une approche thérapeutique alors qu’ici c’est vraiment décomplexé. On aborde plein de choses avec une créativité incroyable, et ça fait émerger, pour nous aussi en tant que thérapeute, plein d’inspirations fortes et de connaissances qui émergent des partages de chacun. Et que la parole libère en fait, elle soigne, rien à faire que de juste déjà créer l’espace… Beaucoup de gens disent « waouh, ça fait du bien ». Et les étudiants partagent en général « Waouh, mais c’est magique, il faudrait en faire plus, c’est beau, c’est puissant ». C’est limite plus puissant qu’une consultation en fait », c’est ça qui est incroyable, c’est qu’en fait, lors d’un spectacle il y a une trentaine de personnes dans la salle c’est comme s’il y avait 30 personnes qui, quelque part, s’ouvraient et ensuite propagent ça autour d’eux, dans leur entourage, dans leurs relations. Et ils reviennent et ils inspirent, et donc il y a un côté qui dépasse largement le spectacle et qui est épanouissant pour tout le monde !

23:25 Noémie : Si on peut faire du bien à la société c’est qu’on n’a fait un peu notre part du travail quand même. Mais c’est vrai que c’est une question qu’on se pose, on a reçu d’ailleurs des subsides pour l’adapter pour du public adolescent. Tu parlais du fait que la sexualité est souvent amenée par la question « problème ». L’autre jour je suis retombé au Love Health Center sur la bd de Joe, ça m’a fait un peu rigoler parce que, en effet, moi j’ai… Enfin toute l’éducation sexuelle qu’on a pu avoir à l’école était basée dans les années nonante sur le sida, la protection, puis après c’est la contraception et alors j’ai quand même souvenir qu’en Suisse on m’a parlé du clitoris assez tôt, mais vite fait, des courbes d’orgasmes très vite fait. Mais il y a quand même toujours la notion du danger quand on nous enseigne, je mets des guillemets qu’on ne voit pas à l’audio : « la sexualité ». Et très peu sur le plaisir, la découverte, comment en parler réellement sans que ce soit…. Soit un sujet de blague, soit un sujet d’attention quoi, de warning. Et voilà là je pense que l’adaptation pour un public plus jeune reste délicate parce qu’on ne peut évidemment pas parler de la même façon, surtout à un groupe scolaire, donc de ce genre de sujet-là. Parce qu’il y a des choses qui nous échappent au niveau de comment fonctionne un groupe d’adolescent. Mais je pense qu’il y a un intérêt réel à créer des espaces de discussion et de positivité, et d’humour, et de partage autour de ces sujets là pour des gens qui sont aux prémices de leur vie sexuelle.

24:46 Olivier Mageren :Et comme tu le dis, en Everas, en éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle. Donc en éducation sexuelle, il y a déjà des spectacles qui sont proposés et “TaBoO” peut être proposé à des adolescents. Maintenant voilà, on démarre cette aventure, prototype, à Bruxelles, pour déployer ses spectacles et les dédier à la jeunesse. Parce que ça ouvre la parole, et c’est l’objectif, et ça libère. Et je me rappelle une phrase assez récurrente des jeunes c’est quand on fait de l’Everas, ils me disent « mais vous savez, en fait, nous on est assez libre » Bon, ils sont assez timides, ça c’est l’animateur qui amène au sujet. Mais en tout cas ils disent « Ah mais c’est aux parents qu’il faut faire ça, c’est aux adultes, c’est eux qui sont coincés, c’est eux qui ne nous écoutent pas, c’est eux qui sont bloqués émotionnellement, c’est eux qui mettent des tabous et qui quelque part sont dans l’inconfort et nous on voudrait savoir donc….Enfin le travail, c’est bien de nous dire il faut faire ça à l’école mais c’est qui les adultes qui sont vraiment à l’aise et qui osent en parler de manière intime, profonde, authentique, sans fuir, en étant vraiment présent dans l’intensité de ce que ça représente de parler de sa propre sexualité ? ». Et donc, oui, on le fait avec les adultes mais voilà on a le plaisir de maintenant décliner ce “TaBoO” pour les adolescents, les adolescentes, et appelez-nous si ça vous intéresse. Et un mot aussi sur « inviter les gens à participer au spectacle, à venir ou à découvrir » ?

25:51 David : Pour nous retrouver sur les réseaux sociaux : sur Facebook en fait il y a 3 possibilités. Il y a sur la page du Love Health Center, il y a la page de The Red Moon Company Cie – qui est la compagnie d’improvisation – voilà et il y a des évènements “TaBoO” qui sont créés pour chaque spectacle “TaBoO”, chaque mois donc, voilà, qui sont juste des événements isolés, créés par les pages de The Red Moon Company et le Love Health Center. Vous pouvez liker, vous pouvez, vous être comme ça informé des prochains spectacles.

26:24 Olivier Mageren :Si vous voulez réagir où poser des questions vous pouvez dès à présent, et c’est tout nouveau, nous envoyer des messages audios. Donc sur chaque page d’article du podcast, vous avez un lien pour envoyer un message audio comme on l’enverrait par téléphone ou par WhatsApp, signal, telegram. Mais c’est la même chose mais c’est intégré sur nos pages web dans le système des podcasts donc faites-vous plaisir, faites nous plaisir aussi, c’est très, très, chouette d’avoir cette interaction avec vous et si vous avez des questions on aura plaisir à vous répondre.

26:48 David : Concrètement les 2 prochains spectacles “TaBoO” sont les 12 mai et le 8 juin, voilà. Et puis il y aura une pause pendant l’été puis on reprendra dans un nouveau lieu. D’ailleurs à propos de lieu n’hésitez pas, si vous avez envie de faire venir “TaBoO”, là où vous résidez, on se déplace avec grand plaisir. Où vous pouvez nous accueillir, que ce soit un café, un petit théâtre, un centre culturel 

27:14 Noémie : Un hall des sports (Rires de Mélissa et David). Non ce n’est pas vrai il faut que ça reste intimiste (Rires de Mélissa).

27:20 David : On pourrait envisager un spectacle en appartement

27:23 Noémie : A une fête de famille avec votre grand-mère…(Rires de Mélissa et David). 

27:28 Olivier Mageren :Et la grand-mère revient dans les spectacles hein !?

27:30 Noémie : Oui c’est vrai, c’est aussi un spectacle qui peut se vivre en plusieurs générations, c’est pas un spectacle qui s’adresse juste à des trentenaires, quarantenaires, qui sont au pic de leur sexualité. On a des plus jeunes, on a des plus âgés aussi et c’est aussi très chouette d’avoir des expériences qui sont partagées avec des gens qui n’ont vraiment pas le même âge et du coup qui n’ont pas du tout vécu la même médiatisation de la sexualité non plus. 

27:49 Olivier Mageren :Donc venez au spectacle, parlez-en, likez, diffusez, partager cette joie en fait et puis invitez la troupe. Est-ce que vous pourriez nous partager comment se passe la préparation d’un spectacle pour vous ? Ce qui se passe vraiment en coulisses, entre chaque mois ?

28:03 Mélissa : Et bien en général on se retrouve, on mange (Rires Mélissa) en général (Noémie : Ils boivent une tisane, je bois un bon verre de vin – Rires de Mélissa et David), on mange du chocolat (Ensemble : Beaucoup – Rires de Mélissa) et….Et bien ce sont des grandes conversations, donc on sait qu’on a 8 thématiques à trouver, 8 questions à formuler, et donc on échange beaucoup. On relit les anciennes questions, les idées qu’on a eues précédemment, parce que quand on prépare une conduite de 8 thématiques s’il y a des thématiques qui se ressemblent trop on se dit « ben on garde celle-là pour la prochaine fois » où on se dit « je ne suis pas assez informé, je vais aller lire, regarder des vidéos, et je préparerais ce thème-là pour la prochaine fois ». Donc c’est comme ça que on prépare le spectacle, le jour même on vient plus tôt, on répète notre fameuse choré (Rires général) Notre fameuse intro !

28:51 Noémie : C’est vraiment entre 2 représentations on s’envoie aussi des liens vers des articles, des vidéos, des choses de temps en temps enfin « Ah oui bah ça moi je peux en parler je vois bien de quoi il s’agit » d’autres choses on se dit « bon on a fait il y aura du taf à faire là-dessus, mais plus tard » et puis surtout dans la rédaction de la conduite on essaye quand même de faire quelque chose pour faire rentrer les spectateur ices petit à petit, de ne pas commencer directement avec « bon aujourd’hui on va vous parler de l’anulingus ». On fait des choses en progressif en ayant des sujets qui sont plus abordables au début, plus mainstream, jusqu’à arriver à des sujets potentiellement un peu plus osés ou moins conventionnels comme l’anulingus par exemple vu qu’on en parlait tout à l’heure…Pour que les gens soient déjà déten dus et aies déjà un peu fait connaissance et avec nous, et avec les autres personnes du public, et sois plus à même de parler.

29:39 Olivier Mageren :Et c’est passionnant ! Moi parfois j’ai la chance d’être au Love Health Center en même temps que vous et puis voilà, vous travaillez à vous 3, et puis j’entends. Je travaille à côté de vous et puis j’entends et c’est tellement foisonnant, et pétillants, et puis varié. C’est vraiment amusant en fait comme moment de création, en coulisses comme ça entre les spectacles, les gens ne s’en rendent pas compte mais il y a vraiment du travail derrière chaque impro.

30:00 Noémie : Et il y a la question d’aller expérimenter là où on a des petits investissements qu’on veut faire pour aller essayer des massages tantrique, pour….On essaie d’avoir un partenariat avec un magasin de sexe Toy aussi pour pouvoir expérimenter des choses et en parler. En parler mieux après !

30:17 Mélissa : On se pose souvent la question aussi de la légitimité. Par exemple ça nous tenait à cœur de parler de la sexualité chez les personnes âgées, mais on n’en est pas encore là nous ! Du coup on a lu des trucs, on a regardé des vidéos, on a posé des questions. Enfin personnellement j’ai posé des questions à mes parents, mais du coup voilà quoi. On essaie quand même d’ouvrir le panel au-delà de qui on est, et de ce qu’on connaît. Et quand on pense qu’on n’est pas légitime ben on se dit que ce ne sera pas tout de suite quoi !

30:50 Noémie : Où que c’est pas à nous d’en parler. Malheureusement il y a des sujets où, en étant 3 blancs, cisgenres, on n’est en effet pas légitime d’aborder certains sujets en prétendant que ça nous est arrivé, c’est absolument impossible et ça ne serait pas bien. On a quand même cette éthique-là, qu’on veut maintenir, de dire laisser la parole aux gens concernés pour parler de leur sujet. Donc c’est la question aussi qu’on s’est posée pour ouvrir, donc on aura une comédienne supplémentaire à partir de la saison prochaine, et de ne pas avoir un énième profil identique. 

31:23 Olivier Mageren :Ca serait magnifique que la troupe puisse s’enrichir de cultures différentes et pouvoir parler effectivement ce qui est vécu à l’intérieur d’une même culture et qu’il n’est pas, comme tu dis Noémie, pas nécessairement facile à aborder si on en est externe et qu’en fait il n’y a pas un vécu proprement dit ou des émotions qui y sont liés quoi ! Vous auriez, par exemple, quelques exemples de thématiques que vous avez déjà abordés pour simplement illustrer pour certaines personnes qui ne sont pas encore venues voir, qui habite à l’étranger, et qui se demande ?

31:50 Noémie : Ben on a joué le dernier spectacle la semaine passée, donc c’est encore un peu frais dans la tête. On a fait un interview d’une vieille bite et d’une vieille chatte (Rires de Mélissa et David) donc on a posé des questions sur qu’est-ce que c’était qu’un corps vieillissant, pour le dire mieux, on a parlé du squirting et du plaisir ou non qu’on peut y éprouver

32:12 David : On a parlé de comment une caresse tendre peu évoluer vers une caresse érotique. Et on a parlé du 69, on a parlé de nos sous-vêtements honteux (Rires de Mélissa) ceux qu’on garde dans nos tiroirs depuis des années, dont on ne veut pas se séparer !

32:32 Noémie : On a fait une très belle chanson à la gloire de ces sous-vêtements qu’on devrait jeter (Rires de Mélissa et d’Olivier).

32:37 David : Voilà un panel des sujets qu’on a abordés la dernière fois mais il y en a eu plein d’autres

32:42 Olivier Mageren :Oui, c’est très, très, varié et créatif. C’est vrai que le 69 c’est tellement connu, c’est tellement je dirais standard, et vous nous surprenez ! Mais le public hein, je veux dire c’est un jeu que vous avez avec le public, ce qui en sort est juste exceptionnel quoi ! C’est vraiment de revisiter cette thématique avec autant de passion, et de curiosité, et de questions ultra pertinentes que je ne m’étais jamais posées et que certainement certaines personnes du public non plus. Il y a un côté vraiment on se regardait tous un peu avec un peu d’espièglerie, de parler de cette thématique et de l’expérience proprement dite, de cette position tellement connue en fait. Donc c’est vraiment revisité aussi et puis abordé par exemple la thématique la vieille culotte (Rires de Mélissa et David). C’est très, très, comique et là le côté vraiment non genré en fait hein ! Tout le monde se sent inclus et tout le monde peut prendre la parole.

33:24 Mélissa : Et oui pour le 69 notre point de vue c’était de se demander si les gens avaient, qui avaient essayé, avait apprécié ou non. Parce que de notre point de vue c’était assez compliqué de concilier le fait de faire une action et de recevoir en même temps et de pouvoir être concentrer sur 2 choses en même temps. Ça nous paraissait être complètement fou et démesuré par rapport au fait que tout le monde dit « le 69 c’est dingue ». On avait un peu le même rapport au squirting aussi, qui était un peu une légende du plaisir féminin ultime, et alors que finalement les avis qu’on a eu c’était que « bah c’était mécanique, c’était sympa, rigolo, mais ce n’était pas dingue ». Et aussi de rendre un peu ses légendes accessibles, de dire en fait, ce n’est pas si fou ou c’est normal en fait que finalement peut-être on soit déçu. C’est ça aussi notre approche, donc ce n’est pas juste une évocation de sujets ou de thématiques pour le fun d’en parler, c’est vraiment quel est notre point de vue là-dessus, quel est le vôtre ?

34:30 Noémie : Il y a un peu la notion de ce qu’on en dit et ce qu’on en pense vraiment. Je me souviens aussi d’une fois où on avait évoqué une étude qui a été faite aux États-Unis qui disait, je ne sais plus, c’est quelque chose comme 60% des couples finissent par préférer regarder Netflix que de faire l’amour ! Ce qui avait déclenché un premier tour de « Ah non, mais c’est vraiment triste » et puis une fois qu’on a passé ça il y a quand même la réalité de « mais oui, mais par contre, quoi, en fait certains soirs je n’ai pas envie de faire l’amour et je suis très content de regarder Netflix et en fait je suis contente d’être dans une relation où on est ok que ce soir on regarde Netflix et qu’on ne fasse pas l’amour ». Donc ce n’est pas, le message n’est pas non plus de dire « ouais le sexe à tout prix c’est trop bien, le 69 c’est trop bien, le machin c’est trop bien ». Oui c’est super pour certaines personnes et puis en fait des moments le sexe ce n’est pas tout dans la vie et comme on est dans une société très sexualisée quand même, qui met le sexe à un endroit d’accomplissement, c’est aussi de laisser la place aux asexuels ou aux gens qui en ce moment pas envie ou qui n’ont pas une sexualité qui est expansive mais qui sont très bien avec ça. De se dire « ben moi au fait un bon missionnaire je suis heureux avec ça et c’est bon pour mes partenaires » et voilà, c’est très bien aussi !

35:38 Olivier Mageren :Alors il reste quelques questions pour ce podcast et la suivante c’est : est-ce que vous pourriez exprimer un désir à la vie pour vous grâce à “TaBoO” ou pour “TaBoO” ? Voilà un désir personnel, pour cette aventure…

35:48 David :Alors pour moi ça serait d’explorer plus avant tous les territoires, pas tous les territoires, mais plus de territoires de la sexualité tout simplement. Et je sais que ça va se faire grâce à “TaBoO” entre autres

36:00 Noémie : Et ben moi pour “TaBoO” ça serait de réussir à diversifier notre public pour avoir plus d’âge, plus d’origine, pour que nous aussi ça vienne re nourrir les connaissances qu’on a, les sensibilités qu’on a, par rapport à ce sujet. Donc n’hésitez pas à en parler à vos grands-mères, très sérieusement, vous n’êtes pas obligé de venir avec mais vous pouvez nous l’envoyer et on parlera sexualité avec !

36:24 Mélissa : Et du coup moi ce serait d’arriver à développer le spectacle pour les ados. Et d’arriver à leur parler en fait, enfin je veux dire d’arriver à nous faire entendre et comprendre et d’arriver à les faire parler aussi. Je ne sais pas si je suis très clair mais je veux dire que ce n’est pas le même public. Mon souhait ce serait d’arriver à trouver comment leur parler et que ça leur fasse du bien et qu’ils apprécient, qu’ils acceptent.

36:52 Olivier Mageren :Chaque podcast se termine en fait par un conseil au public, dans le côté partage et générosité de partager un conseil qui vous semble vraiment… S’il y avait un seul message que vous pourriez faire passer au public pour se sentir mieux dans sa sexualité, dans ses relations, quel serait-il ? Un conseil, une expérience, ce n’est ni la meilleure, ni exhaustif c’est juste quelque chose qui vous paraît vraiment chouette et pertinent à partager suite à votre expérience personnelle.

37:19 Noémie : Et Ben moi je dirais : cherchez à mettre des mots, parlez, parlez-en même si c’est parfois inconfortable et pas facile de faire le premier pas. Et ayez de l’humour là-dessus. Au pire on peut toujours en rire et vraiment ça ne doit pas être si sérieux que ça la sexualité. Il y a déjà trop de choses qui sont trop sérieuses dans nos vies, parlez, riez, voilà ça serait mon conseil !

37:43 David :Ben c’est marrant parce que c’était exactement la même chose que j’avais en tête, c’était d’oser parler à son ou ses partenaires de ce qui nous plait, de ce qui nous plaît moins de ce qui… Effectivement, parler, ça c’est vrai que c’est toujours un peu délicat au début et en fait après ça fait tellement de bien, on a tout à y gagner quoi !

38:02 Mélissa : Mon conseil si je puis dire, ça me fait bizarre de dire mon conseil parce que voilà, mais c’est assez lié à la communication. Ce serait de : entourez-vous de personnes qui sont positives et qui sont capables de vous écouter et d’échanger avec vous aussi. D’être avec des belles personnes en fait, parce qu’on ne peut pas parler à des murs (Rires de Mélissa)

38:27 Olivier Mageren :Merci beaucoup pour ces conseils, un petit mot de fin ? Peut-être partager une gratitude ou un merci ou un….

38:34 David :Ben merci de votre écoute et au plaisir de vous voir peut être à un prochain spectacle “TaBoO” ? 

38:42 Noémie : Et n’hésitez vraiment pas à nous faire des retours soit sur ce podcast, soit ailleurs. On a beaucoup parlé cette fois mais ce qu’on aime c’est vraiment vous entendre !

38:51 Mélissa : Bisous, bisous. 

38:51 Tous ensemble : 3, 2, 1, où là là…..

38:56 Générique Outro sur tapis musical :« Entr’Nous (voix féminine Katalin) ; Entr’Nous (voix masculine Olivier), le podcast (Katalin) pour parler (voix masculine Michel) de sexualité (Olivier) par vous (Michel), avec vous (Olivier), pour vous (Katalin) » 

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Le podcast en format téléchargeable:

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